15 nov. 2017

Lindsay













Automne

Les marrons chauds les ballades avec Elliott Smith le froid sur le nez et le bout des doigts 
le gris dans le ciel la lumière dans les arbres l'odeur des crêpes au chocolat les murmurations

La pause contemplation 

               Dans le salon du temps

L'air montpelliérain 
qui glisse entre les feuilles mortes
l'oeil humide 
la foule dans la comédie - ces gens qui passent et qui font partie de notre vie
          pour un instant -

Toutes ces choses




qui m'attrapent au vol 




et qui me murmurent a l'oreille 




la fragilité de l'instant 





Parce que ce monde là
Je le choisis 
Je choisis les regards qui se croisent
Les existences futiles et importantes 
De ceux qui les traversent.


Je respire en cet instant,
Au son de la gratte d"Elliott ,
Le nez qui coule,
Ça m'empêche d'y voir clair,
Quand j'échange un sourire 
Quand je mange un soupir 


quand j’étreins le soleil caché sous les nuages 

je viens le chercher quand il est paresseux 

j'attends que le tramway passe et je prends l'envol 

ça pique dans les yeux

ce froid d'automne qui m'envoie le vent en plein visage 

je tends le bras dans le blanc du ciel 

et j'en sors la lumière du jour

le joyau étincelant qui m'attendait 










18 sept. 2017






Elle déchire

Elle prend le large
Elle prend la parole, la parole grésille.
Ses gestes sont flous, ses manières abstraites
Ses paroles

              volatiles

la femme fantôme
ou la femme chat

       elle sillonne

entre les vagues de la vie,
à l'aveugle,
plus rien derrière.

Parfois la terre la rappelle, vexée.
Avec amour, elle revient, elle l'embrasse, la chatouille avec légèreté.
Elle lui dit je t'aime
mais jamais elle s'ancre.

Elle l'aime, sa terre, profondément.
Mais elle oublie souvent qu'elle l'aime.
Tragédie.

Et quand la terre la reprend,
il est trop tard, un corps s'est fissuré sur ses plaines.
Une fissure de plus?
Jusqu'à ce que la terre craque.
Et qu'elle ne puisse plus l'accueillir.

Elle ravage

avec sa légèreté

         - son trop de légèreté -

Elle prend les choses par dessus la jambe,
jusqu'à ses sentiments.

Plus rien n'est réel, alors.

Alors elle sombre. Car sa terre n'est plus là pour l'accueillir, et que la marée monte, et qu'elle s'engouffre

alors

en creusant sous la mer.

Elle plonge, elle ne remonte plus.

Là où il fait noir et que tout est silence

il fait un peu meilleur.











Il aime.

Littéralement.
Il dévoue, il aspire,
il prend la barque et l'emmène à la Source.
Chevalier des grands sentiments,
tout est grand pour lui,
tout est trop grand pour lui.

Il file, vole et combat.
Habile et tendre, il se bat avec le cœur,
il se donne au monde dans le saut vertigineux.

La pureté de son âme est proie aux écorchures,
il n'en ressort pas toujours indemne.

Son vœu est fusion, compréhension, partage,
mais il n'en est pas toujours ainsi.
Il a misé sur un être à sang volatile
et son cœur prend vol avec.

Laisser alors entrer le chaos.
Ce chaos qui éparpille, qui lie et délie.
Ce chaos sans limite ni frontières, où rient n'est véritablement dit, où rien n'est clair.

Il n'est pas de cette terre là, il n'est pas de cet élément là,
où le feu rejoint la glace, ce milieu vaporeux
où tout semble bouillant, lointain et sinueux.
Un monde sans chair, sans bannière
un monde
imaginaire.

Il la rappelle, en vain.
"kill the girl" dit-il.
Elle prend le poignard et joue avec.

Quelle force d'esprit ! De ne pas avoir été assimilé. A Quel prix ? Il tient bon. Au bord de la frontière du vivant et du non-réel.

La main tendue, pour qu'elle la lui prenne,
il la voit se perdre et il ne peut rien faire de plus pour elle.
Attendre, encore, encore.

Jusqu'à ce qu'elle en sorte.





La force

Une force attractive
qui naît et renaît, cycliquement.

Son champ d'énergie est tantôt petit, tantôt grand, parfois immense, infinie, rarement inexistant.

Il fait parler les deux êtres, il les rapproche, les éloigne,
il les tend, les manipule, les rend fous.

L'existence du ensemble est petite,
tout est à faire. Rien n'est accompli.
Un chemin commun se cherche, entre ceux qui se croisent et ceux qui s'envisagent.

Être avec est un état que l'on doit ressentir.
On le ressent ou on ne le ressent pas.
Etre avec n'est pas immuable. Il peut s'acquérir, il peut se perdre. Mais dans tous les cas, c'est une chose que l'on ressent. Le dire ne suffit pas.

De l'extérieur, ils sont beaux, heureux, désireux, de l'intérieur ils sont incomplets, malentendus, incompris.

Elle ne vit que par l'extérieur,
il vit en manquant l'intérieur.

Elle se contente,
il se frustre.

Ils ne vivent pas dans le même monde,
ils ne vivent pas ensemble.

Pourtant, le cœur est là, au centre, coupé en deux.
Un pas vers l'intérieur, chaque jour,
suffirait peut-être à le souder.






21 août 2017

Complémentarité

Il y a cette cassure haletante qui vibre entre les deux pôles
ce rien d'ego qui mobilise la pensée et les gestes
quand l'un s'agite l'autre dort
quand l'un rit l'autre s'énerve

Complémentarité est-ce que tu touches les deux corps ?
Complémentaire mais jamais double
mais ce n'est pas le double qui créer l'harmonie
c'est l'harmonie qui compte-l'aimant-taire !

25 juil. 2017

3 juin 2017





Come away, O human child!
To the waters and the wild
With a faery, hand in hand,
For the world’s more full of weeping than you can understand.







William Butler Yeats

28 mai 2017


Petit à petit je me vois être une femme, de nouveaux sentiments naissent, des sentiments qui, fut un temps, m'auraient effrayé

- la peur de grandir, 

la peur de grandir

Me rendait irritable -

Aujourd'hui j'aborde cette peur d'une nouvelle manière. Depuis peu il m'arrive de me croiser devant un miroir et j'aperçois une femme, une fraction de seconde. Alors je m'arrête, je m'observe, je ressens peut-être ce que peuvent ressentir des regards extérieurs, et à nouveau le voile s'efface.
A nouveau moi.
Je me retrouve.
Et je ne suis pas une femme, ni une enfant.
Je suis là.
C'est tout. 

18 mai 2017

20 avr. 2017

19 mars 2017

ivre&saoule

c'est l'amour
l'amour et la déchéance
on ose plus aller se lever
même plus pour aller pisser
on a des désirs qu'on assume à moitié
le corps qui flanche,
on a besoin de réconfort,
on a surtout besoin d'amour

26 janv. 2017

Trad'hivernales











Les lendemains qui dansent


Il est beau, ce couple qui danse, il s'envole au dessus de la piste
Ils sont heureux, les rôles sont confondus



San Salvador, Quelle musique qui s'enracine !
Quand les voix fondent dans le cœur. Ça fait des boum boum dedans.

"Je t'avais dis qu'ici les gens sont tous beaux" dit-elle
Ils sont tous venus pour danser.

Ils sont tous venus pour danser.

Il y a ce moment où la peur d'entrer dans tout ce monde me paralyse, la peur de mal faire,
la peur de dé-faire
cette si belle chaîne que les gens forment.

Mais nous sommes tous un chaînon manquant.

Alors Thé me prend la main et me la donne à une autre,
puis à une autre,
puis à une autre,
et une autre,
une autre...

La tête tourne et mon corps ne sait pas quoi faire, je ris nerveusement et je fais des grimaces à mes binômes,
les gens autour de moi m'apprennent les pas, chacun à son tour.
Il y a de si jolis visages qui me sourient et me rassurent, je prends leurs mains et ils savent que je ne connais pas les pas. Ils m'amusent et me font tourner.

La danse nous met dans l'action, elle définit d'une certaine mesure notre mode d'existence au monde.
Je me suis sentie passive et maladroite. Même en prenant part à la danse et à la foule je n'ai pas pris part au monde. J'aimerais arriver à le faire, un jour.

"De quoi as-tu peur exactement ?"
"Honnêtement ?"
"Oui."
"Du contact."

J'aimerais arriver à prendre part au monde, celui qui est ouvert, bienveillant, et qui me rend les bras. Ne plus être à l'intérieur de moi-même, faire corps avec l'univers, m'ouvrir, me déployer.
Sortir de mon confort est une chose importante pour moi à présent. Si je veux m'épanouir,
alors je dois me connaitre
ailleurs.