15 déc. 2011

J'ai hésité : le rouge ? le noir ? le rouge ? le noir ? le noir ne me va pas comme il faut, pourtant c'était mon choix premier. C'était ce que je voulais. Je voulais du noir. Avec déception je constate que le rouge sait toujours aussi bien embrasser, je prend le rouge. Le rouge me déçoit d'être aussi beau. Il ne laisse pas la place aux autres couleurs de faire réellement leurs preuves. Il me faudrait un noir qui m'épouse parfaitement, le parfait noir. Le noir irrésistible, le sublime, celui qui s'accouple avec le corps comme la pantoufle de verre.

Je regarde le ciel en pointant le bleu du doigt, ( je ne peux m'empêche de pointer du doigt, c'est une vilaine manie qui agresse tout ce qui me plait. Au fond, quelles sont les choses que j'aime que je n'ai pas violé ? -violenté ?-) Je baisse les yeux, puis c'est Flo que je vois, mon vieux Faune, qui me fait de grands signes avec les bras, de l'autre coté de la route. Il passe entre les bagnoles, il me serre fort contre lui. Toujours souriant. Sa barbe a -encore- poussé, je suis certaine que je pourrais maintenant lui faire de plus grandes tresses que la dernière fois.
Je ne sais pas vraiment ce qu'il devient. Il viendra un jour à la maison, et il me raconta. Même si je suis certaine de ce qu'il me dira. Il dira les mêmes choses que ce qu'il me dit souvent. On a toujours l'impression qu'il est toujours pareil, qu'il ne changera jamais. Mais c'est une personne qui est en mouvement continuellement. Il bouge, il voyage, il découvre. Sa vie ne doit pas être pourtant une grande aventure... Au fond de lui je sais qu'il est seul. Ca me rend triste. Je ne sais pas où est-ce qu'il veut aller, lui non plus.

Un jour il m'a dit "Je suis enfermé dehors."

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Cet article est sublime, tout commes les précédents.. tu écris merveilleusement bien en ce moment ma fée. J'ai vu Flo aussi, en ville, il m'a demandé si je t'avais vue, que tu faisais les boutiques, et je ne t'ai pas vue, j'étais un peu déçue. Tu me manques.

Ps : te lire c'est comme quand je goutte mon café après y avoir mis ses deux petits sucres. C'est bon.

Marie-Caroline a dit…

Un noir qui tire vers le bleu alors. Pour la puissance des vagues, des ouragans et des larmes.

Shirley a dit…

Ca me parle.

Anonyme a dit…

Et moi je te parle ?